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Le scandale selon La Bible

Arnaud
 Publié le 25-04-2024

1.1 / 8 :  La compréhension que l’on a aujourd’hui du mot scandale est-elle Bibliquement correct ? La compréhension de ce mot, selon son évolution dans la société, est-elle en adéquation avec les paroles Du Christ ? Et si ce n’est pas le cas, en quoi leurs sens diffèrent ils ?

1.2 / 8 :  Aujourd’hui, la définition du mot scandale va dans le sens de la réputation ou de l’outrage que peut provoquer une attitude, un comportement ou encore des agissements. Il s’agit surtout de l’effet que va produire la portée à la connaissance d’une chose, d’un fait, qui en soit sera qualifié de scandaleux.

Définitions : Le scandale d’aujourd’hui

2.1 / 8 :  La définition la plus représentative du scandale aujourd’hui serait :
 
Effet fâcheux, retentissement dans le public d’actes ou de propos considérés comme condamnables : sa tenue a provoqué un scandale, ses propos ont fait scandale.

Le Larousse

Le Larousse défini le scandale ainsi :
  1. Effet fâcheux, indignation, produit dans l’opinion publique par un fait, un acte estimé contraire à la morale, aux usages : agir sans craindre le scandale.
  2. Grave affaire malhonnête, honteuse, qui a un grand retentissement dans le public : un scandale financier. Presse à scandale.
  3. Querelle bruyante : faire du scandale sur la voie publique. Synonymes : barouf (populaire) - esclandre - foin (populaire) - tapage
  4. Fait qui heurte la conscience, le bon sens, la morale, suscite l’émotion, la révolte : le scandale de la faim dans le monde. Synonymes : honte - infamie
  5. Paroles ou actes répréhensibles qui sont pour le prochain une occasion de péché ou de dommage spirituel.
  6. Selon cette définition, c’est le 5ème sens qui est le plus proche du sens biblique.

Le CNRTL

Le site cnrtl.fr donne une définition un peu plus proche du sens biblique, mais pas encore totalement :
  1. Ce qui paraît incompréhensible et qui, par conséquent, pose problème à la conscience, déroute la raison ou trouble la foi
  2. Religion :
    1. Ce qui est cause de trouble, de perplexité, de rejet ; ce qui incite à pécher. « Malheur à celui par qui le scandale arrive ! »
      • Référence à Matthieu 11.5 : occasion de scandale → Heureux ceux qui ne sont pas scandalisés en moi, c’est-à-dire qui ne trouvent pas dans les actes miraculeux et bienfaisants que je répands autour de moi une occasion de scandale - Claudel.
    2. Pierre de scandale. Synonyme de pierre d’achoppement. Au sens figuré, obstacle, source de difficulté.
    3. Scandale actif : scandale qui consiste à inciter autrui à pécher. Scandale passif : scandale qui consiste à être victime de provocation au péché.
  3. Les autres sens redonnés vont dans le sens du retentissement d’un fait ou d’une conduite qui provoque, soulève, la réprobation, l’indignation, le blâme, ce qui est à caractère immoral impliquant des personnes considérées comme honorables, dignes de confiance...

Wikipédia

Wikipédia relate bien le scandale selon l’heure du jour en écrivant :
Pour l’apparition d’un scandale, le processus de dénonciation est souvent plus important que la transgression elle-même ; les processus de réaction du corps social et sa mobilisation sont plus décisifs que l’acte d’origine lui-même. Les scandalisés ont souvent l’impression que leur indignation est unanime, impression illusoire, mais elle facilite le regroupement du corps social autour du processus de dénonciation. - Cette perspective du mot scandale est importante sur le plan des sens, entre le sens social et ses impacts, et le sens biblique et ses responsabilités.

Définition : Le scandale selon La Bible

3.1 / 8 :  Dans l’ancien testament, selon les traductions, le mot scandale peut être retrouvé, mais pas toujours avec la même origine dans l’hébreu.

Makshelah :
  1. Masses renversées, pierres d’achoppement, quelque chose de renversé, décadence, ruine
  2. Objet de scandale (idoles)
Ce mot se retrouve dans ces versets sous diverses traductions, selon les versions, les sens de la Louis Segond étant les suivants :
  • Esaïe 3.6 : ruines
  • Sophonie 1.3 : scandale
Mikshowl :
  1. Trébucher, moyens ou occasion de trébucher, pierre d’achoppement
    1. Vacillement, chute
Ce mot se retrouve dans ces versets sous diverses traductions selon les versions, les sens de la Louis Segond étant les suivants :
  • Lévitique 19.14  : faire tomber un aveugle
  • 1 Samuel 25.31 : souffrance de cœur
  • Psaumes 119.165 : malheur
  • Esaïe 8.14 : rocher de scandale
  • Esaïe 57.14 : obstacle
  • Jérémie 6.21 : pierres d’achoppement
  • Ezéchiel 3.20 : un piège
  • Ezéchiel 7.19 : faire tomber dans l’iniquité (l’amour de l’argent)
  • Ezéchiel 14.3 : faire tomber dans l’iniquité (les idoles)
  • Ezéchiel 14.4 : faire tomber dans l’iniquité (les idoles)
  • Ezéchiel 14.7 : faire tomber dans l’iniquité (les idoles)
    • L’argent peut devenir une idole
  • Ezéchiel 18.30 : ruine (causé par l’iniquité)
  • Ezéchiel 21.15 : les victimes (par l’épée – la parole...)
  • Ezéchiel 44.12 : tomber (par les idoles)

3.2 / 8 :  La Segond 21 a tendance à traduire aussi par scandale le mot zimmah, qui indique un plan, une méchanceté, un mauvais projet, un méchant dessein et est le plus souvent traduit dans la Louis Segond par crime, son sens le plus proche. Le contexte du sens redonné d’un tel mot, tel que par la Segond 21, se rapproche du sens donné aujourd’hui au mot scandale : c’est l’effet d’une conduite criminelle qui débouche sur le scandale d’aujourd’hui et peut aider à la confusion du sens du mot en lui-même tel que Le Christ l’utilisera. Le mot scandale utilisé par Paul donnera aussi sujet à controverses.

3.3 / 8 :  Le mot hébreu le plus proche du mot scandale, tel qu’utilisé par Le Christ et les apôtres, est Mowqesh.

Mowqesh :
  1. Appât, leurre, piège (tendre un piège, un filet par l’oiseleur)

Sens courant contre sens biblique

4.1 / 8 :  Aujourd’hui, le scandale serait donc de dire ou de faire quelque chose de nature à choquer quelqu’un, ou l’opinion publique, tel qu’apporter un trouble en dévoilant quelque chose de l’ordre de la corruption d’un homme ayant une fonction l’appelant à être droit, ou toute autre chose de nature criminelle ou immorale. Il s’agit donc de rapporter quelque chose qui est de nature à troubler par l’opinion vraie que l’on aura d’un homme ou d’un fait. Le scandale vient donc par la dénonciation, la portée à la connaissance, d’une chose, d’un fait, ou d’une suite de choses ou de faits.

4.2 / 8 :  Dans ce sens, le scandale commence donc par le fait de faire quelque chose d’illégal ou de malsain par une personne, puis le trouble que causera cette chose quand elle sera portée à la connaissance des autres, quand elle sera dévoilée. Dans ce sens, on comprend que, pour éviter le scandale, il faut, soit que personne ne soit corrompue, ou malsain, ou immoral, soit que la chose ne soit pas dévoilée. Mais ce n’est pas le sens du mot originel qui est de mettre une pierre d’achoppement devant quelqu’un, lui tendre un piège, voir détourner quelqu’un de la vérité, ou encore être sujet à controverse comme l’a été Le Christ pour les juifs qui ne s’attendaient pas à Lui tel qu’Il Est venu.

4.3 / 8 :  Ainsi, le scandale initial ne serait pas de dire « Woua, tu as vu cette injustice, ou cet état de corruption, ou cette immoralité », donc le fait de constater une mauvaise chose et de la rendre publique, mais de tendre un piège, discréditer faussement quelqu’un, amener quelqu’un à pécher, apporter la tentation, détourner par le mensonge, amener à se détourner de la vérité...

4.4 / 8 :  Le sens que l’homme a donné au scandale est de porter atteinte à la réputation de quelqu’un en dévoilant quelque chose de mauvais, le sens que Jésus Christ utilise est de faire quelque chose de mauvais contre quelqu’un, en lui portant atteinte, que ce soit à sa foi ou à son intégrité, tel que creuser un trou dans le chemin d’un aveugle, mettre quelqu’un dans une situation où l’on espère qu’il chutera, écarter de la vérité... Le sens courant est de porter atteinte à quelqu’un en dévoilant ses mauvaises actions, ses activités répréhensibles, le sens biblique est d’avoir un mauvais comportement, que ce soit envers Dieu, envers l’Évangile, ou envers quelqu’un, ce qui peut se traduire par redonner une mauvaise image de ce qui est.

Définition : Le scandale selon Jésus-Christ

5.1 / 8 :  Jésus Christ et les Apôtres parlent des scandales, mais le sens initial du mot n’est pas toujours dans le sens que l’on s’en fait aujourd’hui :

Skandalon :
  1. Le bâton mobile ou détente d’un piège
    1. Une trappe, un piège
    2. Tout obstacle placé sur le chemin et faisant tomber quelqu’un (une pierre d’achoppement, une occasion de chute) c’est à dire un rocher qui fait trébucher
    3. Figure appliquée à Jésus Christ, dont la personne et la carrière étaient si contraires aux suppositions des Juifs concernant le Messie, qu’ils l’ont rejeté et par leur obstination ont vu le naufrage de leur salut
  2. Toute personne ou chose par laquelle quelqu’un est amené à l’erreur ou au péché
C’est bien cette définition qui faut privilégier sur le plan biblique.

Jésus Christ un scandale

5.2 / 8 :  Dans ces sens du terme original, skandalon et aussi skandalizo cité plus loin, il faut comprendre en quoi Jésus Christ peut être un scandale, un piège, une pierre d’achoppement, tant pour les juifs que pour les musulmans, mais aussi pour des chrétiens, car là où Jésus Est le rocher sur lequel bâtir, Il peut aussi être un rocher de scandale, Pierre multipliant les sens dans sa première épître « Et une pierre d’achoppement et un rocher de scandale ; ils s’y heurtent pour n’avoir pas cru à la parole, et c’est à cela qu’ils sont destinés. »

Pour les juifs

5.3 / 8 :  N’ayant pas reconnu leur dernier Roi, Le Messie annoncé et révélé en la personne Du Christ, Jésus Christ est là une occasion de chute pour les juifs qui l’ont rejeté. Bien que les premiers disciples étaient eux même juifs, ceux qui se sont trouvés accusés de par Qui a été Jésus Christ ne l’ont pas accepté et ont transmis, aux générations d’après, des croyances erronées à Son sujet, empêchant ainsi aux autres de pouvoir savoir et connaitre Qui Il Est. Pour beaucoup, Jésus Christ était un juif qui a mal tourné, un rabbin pour certains. Pourtant, ce sont leurs écrits et Ses actes qui rendent témoignage de Lui. Cependant, leurs paroles, guidés par leurs représentants, les chefs religieux de l’époque, bien que des endurcis n’en aient pas eu besoin, furent « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! ». Ensuite, bien que l’histoire ait parlé d’elle même, Dieu choisira une dernière fois Israël.

Pour les musulmans

5.4 / 8 :  Pour les musulmans, tout comme pour d’autres religions ne comprenant pas la dimension du sacrifice Du Christ à la croix, que Le Fils de Dieu meure ainsi, ou meure tout court, n’est pas du tout envisageable, puisque Jésus Christ Fils De Dieu indique bien Sa nature divine. De là, le manque de spiritualité, le manque d’objectivité, le manque de connaissance de Qui Est Dieu, de Son plan et de la valeur du salut de l’âme, font que c’est une hérésie que de penser voir Dieu perdre la vie, bien qu’Il ne l’a pas perdue mais l’a donnée. Là est le scandale : « Quoi, Le Fils de Dieu mort ? Mais un dieu ne peut pas mourir, donc s’Il Est Dieu, comment le pourrait Il ? » Mais c’est sans estimer, pour ne pas dire sans connaitre, l’amour de Dieu qui S’Est mis au rang de Ses créatures et Est descendu parmi les Siens, car aucun n’avait de quoi racheter son âme, et d’ailleurs aucune autre monnaie d’échange que la vie Du Fils De Dieu sur la croix n’aura de valeur, et ce éternellement, peut importe ce qu’en pense l’homme.

Et même pour des chrétiens ?

5.5 / 8 :  Il y a effectivement des chrétiens pour qui Le Christ est ou sera une pierre d’achoppement, non pas par Son sacrifice ou par Son titre qu’ils reconnaissent, mais simplement par le détour de Ses paroles, de Ses commandements qui, tous, sont consignés dans l’Evangile : « Ceux qui Me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de Mon Père Qui Est dans les cieux. », « Alors Je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de Moi, vous qui commettez l’iniquité. ».
 
Il y a effectivement des personnes qui penseront l’avoir été, disciple Du Christ, sans que cela n’ait été le cas, et pire encore pour ceux qui auront fait semblant. Chrétien, même si cette appellation était à l’origine quelque peu dérisoire, c’est être à l’image du Christ, petit christ, et « Heureux serez-vous, lorsque les hommes vous haïront, lorsqu’on vous chassera, vous outragera, et qu’on rejettera votre nom comme infâme, à cause Du Fils de l’homme ! », et « Heureux serez-vous, lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de Moi. ». Et là encore, Le Consolateur, l’Esprit de vérité, Le Saint Esprit, Dieu Lui même ne peut être en contradiction avec l’Evangile, donc si l’homme lui y est, qui devrait vouloir changer ? Et il est clair que l’homme ne peut être une pierre d’achoppement pour Dieu, mais un scandale tel qu’aujourd’hui aux yeux Des Cieux, cela il le peut.

Et les athées

5.6 / 8 :  Parmi ceux pour qui Jésus Christ aura été, ou Est tout court, une pierre d’achoppement, il y a tous ceux pour qui Dieu ne peut exister, donc ceux qui n’auront pas de doute sur le fait que Jésus Christ ne peut être ce qu’Il Est, Qui Il Est, le rejetant à coup de sciences erronées, de mysticisme déplacé et de théories extravagantes, tel que ces fameux extra terrestres... Et parmi ceux là, beaucoup, ou certains, prendront pour appuis ce qui, des religions, auront été pour eux, et les autres, des pierre d’achoppement, ce que Paul conseillait de ne pas être, notamment au travers la bêtise et le mensonge, deux des choses les plus visibles.

Quelques exemples du scandale biblique

6.1 / 8 :  En Matthieu 16.23, quand Jésus dit à Pierre « Arrière de Moi, Satan ! tu M’es en scandale ; car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu », Pierre vient d’être une pierre d’achoppement en Lui disant « A Dieu ne plaise, Seigneur ! Cela ne t’arrivera pas. » Jésus aurait pu Se laisser séduire et répondre comme un simple homme en disant « oui, tu as raison, ce n’est pas à Moi de payer pour vous ».

6.2 / 8 :  En Matthieu 18.7, Jésus déclare « Malheur au monde à cause des scandales ! Car il est nécessaire qu’il arrive des scandales ; mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive ! » Là, Jésus ne dit pas malheur à celui qui dira la vérité, mais malheur à celui qui fera trébucher les autres, et il est nécessaire que le monde ait des scandales, tel que la remise en question de l’existence de Dieu et de Qui Est Le Christ, que ce soit avec des théories dites scientifiques ou des religions anti-Christ, et ce dans le but de détourner les hommes de la foi véritable, ou tout au moins d’attester que Dieu n’existe pas.

6.3 / 8 :  Paul, en Romains 9.33, cite Esaïe quand il dit : « selon qu’il est écrit : Voici, je mets en Sion une pierre d’achoppement et un rocher de scandale, et celui qui croit en Lui ne sera point confus. »

6.4 / 8 :  Pierre, en 1 Pierre 2.7-8, dit les mêmes choses : « L’honneur est donc pour vous, qui croyez. Mais, pour les incrédules, la pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l’angle, et une pierre d’achoppement et un rocher de scandale ; ils s’y heurtent pour n’avoir pas cru à la parole, et c’est à cela qu’ils sont destinés. »

6.5 / 8 :  En citant Esaïe, ils citent aussi ce que Jésus dit dans les évangiles  « Heureux celui pour qui Je ne serai pas une occasion de chute ! » Cependant, là le mot n’est pas skandalon mais skandalizo, qui vient de skandalon. Et en voyant les sens de skandalizo, on peut comprendre l’évolution du mot scandale tel qu’il est aujourd’hui :

Skandalizo :
  1. Poser une pierre d’achoppement ou un obstacle dans le chemin, sur lequel un autre peut trébucher et tomber, métaphoriquement offenser
    1. Attirer à pécher
    2. Faire qu’une personne commence à se méfier de quelqu’un en qui elle avait l’habitude de croire et d’obéir
      • Être une occasion de chute
      • Être offensé dans quelqu’un, c’est à dire voir dans un autre ce que je désapprouve et qui m’empêche de reconnaître son autorité
      • Faire que quelqu’un juge un autre non favorablement ou injustement
    3. Puisque quelqu’un qui trébuche ou dont les pieds s’empêtrent se sent contrarié
      • Faire que quelqu’un ait du déplaisir à une chose
      • Rendre indigné
De certains de ces sens peut arriver le fait d’être scandalisé

Une controverse

7.1 / 8 :  Selon certaines traductions, telles que la Louis Segond, la Martin, la Crampon, la Bovet Bonnet, ..., Paul, en 1 Corinthiens 10.32, demande de ne pas être en scandale aux autres. Cependant, le mot originel de ce verset n’est ni skandalon, ni skandalizo, mais aproskopos dont le sens va de qui n’a rien à se reprocher, ne faisant pas trébucher, à sans délit, non troublé par sa conscience, ce qui indique ne pas avoir un comportement répréhensible, comportement qui serait qualifié de scandaleux selon le sens scandale d’aujourd’hui.

7.2 / 8 :  Là, selon les sens d’aproskopos, le lien entre ne pas faire trébucher et ne pas tendre de piège est compréhensible (bien que ce soit ne pas faire trébucher par une attitude et non par une pierre d’achoppement, même si un mauvais exemple peut être une pierre d’achoppement), et vue l’évolution du mot scandale dans le temps, et donc de son sens, « ne pas être en scandale » est plus juste que pour skandalon ou skandalizo.
 
Ce que dit Paul implique un comportement, ne pas choquer, ne pas donner une mauvaise image par une mauvaise conduite, ne pas induire les gens en erreur, ne pas donner une mauvaise image de ce qu’est la vie en Christ dans le sens ne pas être un obstacle à la foi à transmettre ; soyez irréprochable irait aussi très bien, la Semeur disant « que rien, dans votre comportement, ne soit une occasion de chute », la King James parlant de ne pas offenser l’autre, ce qui est proche du scandale d’aujourd’hui...

7.3 / 8 :  Là, le mot scandale va bien selon son sens qui a dérivé dans le temps et qui lui est couramment redonné aujourd’hui. Il s’agit de n’avoir ni mauvaise attitude, ni mauvais propos, pouvant faire chuter, voir renoncer, celui qui ne serait pas encore en Christ. Mais selon le sens Biblique originel de scandale, soyez irréprochables vis-à-vis des autres serait plus adapté, je ne sais pas si j’arrive à me faire comprendre.

Aproskopos :
  1. Qui n’a rien à se reprocher, ne faisant pas trébucher
    1. D’une route spacieuse
    2. Métaphorique : ne poussant pas les autres au péché par le mode de vie
  2. Métaphorique : non disposé au péché, innocent, sans tache
  3. Sans délit, non troublé par sa conscience

7.4 / 8 :  Dans le contexte du verset 1 Corinthiens 10.32, on peut comprendre par ne pas avoir une conduite qui amènerait l’homme à se méprendre sur la foi en Jésus Christ, tant par le comportement que par les propos ; ne pas avoir une conduite qui détournerait du Christ, ou amènerait à avoir une opinion, une perspective erronées de la vie en Christ, de l’Evangile.

7.5 / 8 :  Bien sûr qu’il est plus que compréhensible, selon le sens du mot d’aujourd’hui, qu’il ne faut être en scandale à personne, ni aux juifs, ni aux grecs, ni à l’église, et ce dans le sens ne pas avoir un comportement honteux, immoral, incorrect, faux, tortueux, dans le but de donner une image véritable de ce qu’Est Le Christ, de ce qu’est l’Evangile.

7.6 / 8 :  Toujours dans la Louis Second et autres traductions, le mot qui est redonné par scandale dans le verset 2 Corinthiens 6.3 est proskope et qui indique faire quelque chose qui risque d’être une occasion de chute. On peut bien sûr comprendre que faire quelque chose de honteux, de répréhensible, donc de scandaleux à l’heure d’aujourd’hui, sera toujours sujet de chute, pour la cause, pour la doctrine représentée.

Proskope :
  1. Une occasion de trébucher
  2. Faire quelque chose qui fera trébucher les autres
    1. C’est à dire les conduire dans l’erreur ou le péché
Aproskopos et Proskope descendent tous deux du mot Proskopto
Proskopto :
  1. Frapper contre
    1. De ceux qui frappent contre une pierre ou autre obstacle dans le chemin, trébucher
    2. Frapper son pied contre une pierre
      • C’est à dire rencontrer quelque mal
    3. Se précipiter sur, se battre contre
    4. Etre amené à trébucher par une chose
      • C’est à dire, métaphoriquement, être induit à pécher
Avec la notion de pierre d’achoppement en terme d’obstacle, il y a aussi la notion de douleur. De même, cela peut être volontaire ou accidentel

7.7 / 8 :  Petit à petit, ce changement de sens dans le vocabulaire courant et l’adaptation des traductions à ce sens, font que, pour beaucoup, il devient dérangeant, voir impossible, non pas de dénoncer mais, simplement de constater, quelque chose qui deviendrait scandale si on en parlait, alors que ça ne serait qu’évoquer la vérité, les véritables scandales s’effaçant tout doucement dans les consciences, au fil du temps.

Aimer son frère est le contraire du scandale

8.1 / 8 :  Jean explique dans sa première épitre que celui qui hait son frère (ou lui est odieux selon l’un des sens du mot miseo) marche dans les ténèbres : « Celui qui dit qu’il est dans la lumière, et qui hait (miseo) son frère, est encore dans les ténèbres. Celui qui aime son frère demeure dans la lumière, et aucune occasion de chute n’est en lui. Mais celui qui hait son frère est dans les ténèbres, il marche dans les ténèbres, et il ne sait où il va, parce que les ténèbres ont aveuglé ses yeux. ». Le mot traduit par occasion de chute est skandalon...

8.2 / 8 :  Ainsi, un cœur nouveau ne commettra pas de scandale selon Dieu en disant la vérité, mais il risquerait d’en causer selon l’homme, que ce soit en proclamant la vérité ou en dévoilant, révélant ce qui ne va pas, ce qui est tordu, ce qui est faux, corrompu, révéler dans le sens dire ce qui est caché.

Le véritable scandale c’est d’être une pierre d’achoppement, tant pour le disciple, pour l’église, que pour le non croyant, Gloire à Dieu.