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Les livres apocryphes et le calendrier Hébraïque

Arnaud
 Publié le 29-03-2026
 Dernières modifications le 01-06-2026

1.1 / 16 :  Introduction
Ayant dû faire référence à certains apocryphes pour établir un calendrier, il m’est apparu nécessaire de faire un point à ce sujet, voyant que dans la pensée de certains cela sonnait comme égaré, voire hérétique.

1.2 / 16 :  Le canon biblique a été construit dans le temps, par des hommes détenant l’autorité de Dieu et le discernement pour le faire à ces moments, que certains aient été égarés dans certaines croyances qui divergent de La Parole de Dieu en ce qui concerne les dogmes qui en découlent, tel que le catholicisme, est un autre sujet : Dieu veille sur Sa Parole.
 
La formation du canon aura donc eu pour effet d’écarter des livres dis apocryphes, principalement pour le manque d’authenticité (livre non révélé, non inspiré, voire écrit par un autre que l’auteur prétendu), même si certains d’entre eux peuvent avoir un contenu ou une partie du contenu pertinent, d’autres voire proche de la gnose. Le but étant de ne pas ajouter à La Parole de Dieu, La Bible Se suffisant, ces livres ne sont généralement pas utiles pour connaître Qui Est Le Christ, Le Messie, Yeshoua Ha Mashiah et quelle est la volonté de Dieu, gloire à Son Nom.

1.3 / 16 :  L’Esprit de Dieu donne le discernement et permet de savoir, de reconnaître et d’identifier. Déclarer un livre authentique juste parce qu’il sert d’appuis à une croyance n’est pas signe de sagesse. Et Dieu permet de reconnaître ce que j’ai appelé le style Du Saint-Esprit. Et il vaut mieux rester simple que de se perdre.

Distinction des écrits : terminologie et usage

2.1 / 16 :  Il est crucial de pouvoir définir le statut de ces textes, et pas seulement par leur origine, mais aussi par leur réception dans l'histoire ecclésiastique (l’histoire de l’assemblée de Dieu). Hormis ce que Dieu permet de comprendre par Son Esprit, ce qui peut permettre de rejeter un livre, en dehors de ses origines, est ce qui peut le mettre en contradiction avec le canon.

2.2 / 16 :  Le Canon (Écritures inspirées)
Ce sont les livres que les différentes traditions chrétiennes ont reconnus comme faisant autorité pour la foi et le culte.

  • Pour les Juifs: Le Tanakh (Torah (la Loi/Enseignement), Nevi'im (les Prophètes), Ketuvim (les Écrits)) - l’Ancien Testament
  • Pour les Chrétiens: L'Ancien Testament (avec des variantes selon les confessions) et le Nouveau Testament

2.3 / 16 :  Les Deutérocanoniques
Ces livres (comme Tobie, Judith, la Sagesse, les Macchabées, etc.) font partie du canon des Églises Catholique et Orthodoxe comme étant "admis en second lieu" (sens du mot), mais sont considérés comme "apocryphes" (ou non canoniques) par la plupart des confessions protestantes et sont absents de la Bible hébraïque.
 
Ils sont historiquement intégrés à la tradition biblique, mais leur statut de "révélation" est le point de divergence entre les confessions.

2.4 / 16 :  Les Apocryphes (au sens large)
Le terme vient du grec apokruphos, qui signifie "caché". À l'origine, cela désignait des textes dont le contenu était réservé à une élite.

  • Les écrits inter-testamentaires (Hénoch, Jubilés, etc.) : Ce sont des textes écrits entre les deux Testaments. Ils sont d'une grande valeur historique et culturelle. Ils éclairent le contexte cultuel dans lequel Le Christ et les Apôtres ont évolué
  • Les écrits pseudépigraphiques: Ce sont des textes écrits sous le nom d'un personnage biblique qui n'en est pas l'auteur (le livre d'Hénoch, qui n'est pas de la main d'Hénoch, en fait partie, tout comme le livre de La Sagesse attribué à tort à Salomon)
    • Aujourd’hui, on retrouve ce principe avec le terme pseudo, s’attribuer un nom

Constantin et le Concile de Nicée de 325

3.1 / 16 :  Il est courant d’entendre dire que Constantin a fixé le canon biblique et il est vrai qu’il a convoqué le Concile de Nicée en 325. Cependant, il n'était pas question du canon biblique.

  • L'objectif réel: En tant qu'empereur, Constantin cherchait avant tout l'unité de l'Empire. Son souci majeur était de résoudre la crise arienne (une hérésie théologique sur la nature du Christ)
  • Le résultat: Le concile a produit le Credo de Nicée (une profession de foi) et a réglé des questions disciplinaires (comme la date de Pâques). Mais il n'a pas dicté une liste de livres sacrés

Comment le canon s'est-il réellement formé ?

4.1 / 16 :  La formation du canon n'a pas été le résultat d'un décret impérial, mais d'un processus lent et organique qui s’est étendu sur plusieurs siècles.

  • Un consensus progressif : L'Église a reconnu les livres inspirés pour former le canon biblique. Les communautés chrétiennes utilisaient déjà la majorité des textes actuels bien avant Constantin, sur la base de leur lecture lors des cultes et de leur cohérence avec la tradition apostolique
  • Les étapes clés:
    • IVe siècle: C'est à cette époque que les listes commencent à se stabiliser formellement. En 367, Athanase d'Alexandrie, dans sa lettre de Pâques, dresse une liste des 27 livres du Nouveau Testament qui correspond exactement à ce que nous avons aujourd'hui
    • Conciles régionaux : Des synodes (assemblée consultative et représentative du clergé), comme ceux d'Hippone (393) et de Carthage (397) en Afrique du Nord, ont confirmé ces listes. Il est important de noter que ces conciles étaient régionaux, et non œcuméniques (universels). Leur rôle a été de valider ce qui était déjà largement admis par l'usage

Pourquoi le mythe Constantin persiste-t-il ?

5.1 / 16 :  L'idée que Constantin a manipulé la Bible est souvent véhiculée par la fiction (comme dans le Da Vinci Code) ou par une méfiance envers les institutions religieuses, principalement la catholique. Cela donne l’image d'un empereur tout-puissant dictant la foi, ce qui simplifie à l'excès une histoire bien plus complexe : celle d'une communauté qui, face aux hérésies et aux évolutions, a dû définir et délimiter son identité scripturaire.

Constantin: entre mythes et réalité

MytheRéalité
Constantin a choisi la Bible à NicéeLe canon s'est formé par consensus sur plusieurs siècles
Constantin a exclu des livres (apocryphes)Il n'est pas intervenu dans la sélection des textes
Le canon a été imposé par un décret impérialLe processus a été une réflexion ecclésiale locale, puis régionale

Le canon est le fruit d'un long processus de réception communautaire, et non un acte d'autorité politique.

L'Ancien Testament: De la diversité à la fixation

6.1 / 16 :  L'histoire du texte de l'Ancien Testament est marquée par une tension entre deux grandes traditions : celle des Juifs hellénisés (Alexandrie) et celle des Juifs de l’Israël.

6.2 / 16 :  La Septante (LXX) : Le pont vers le monde grec

  • Origine: Traduite à Alexandrie (à partir du IIIe siècle av. J.-C.), elle répondait au besoin des communautés juives de la diaspora, qui parlaient grec, d'avoir accès à leurs Écritures
  • Contenu: Elle comprend la Loi, les Prophètes et les Écrits (Le Tanakh), mais inclut aussi des livres que l'on appelle aujourd'hui deutérocanoniques (voir apocryphes selon le point de vue), car ils n'avaient pas de version hébraïque largement diffusée à cette époque
  • Rôle: Elle a été la "Bible" des premiers chrétiens. Lorsque les auteurs du Nouveau Testament citent l'Ancien Testament, c'est très souvent la Septante qu'ils utilisent

6.3 / 16 :  Le Texte Massorétique: La standardisation hébraïque

  • Origine: Fruit du travail des Massorètes (savants juifs successeurs des Soferim entre le VIe et le Xe siècle apr. J.-C.)
  • Travail technique : Le texte originel n’ayant que des consonnes, pour préserver la prononciation et le sens des Écritures hébraïques, ils ont ajouté au texte consonantique original la vocalisation (combinaisons de points et de tirets au-dessus et en-dessous des voyelles) et des accents de lecture. Les massorètes n’ajoutaient rien au texte lui-même, ils "n’ont fait" qu’ajouter la diacritique pour conserver le sens et la prononciation du texte original
  • Rôle: C'est la référence actuelle du judaïsme rabbinique. Il reflète une volonté de fixer un texte unique et indiscutable pour éviter les dérives interprétatives
  • Le contraste: Là où la Septante est une "interprétation" très vivante (et parfois divergente), le Texte Massorétique est un monument de stabilité textuelle. La plupart des Bibles modernes (protestantes) traduisent l'Ancien Testament à partir de ce texte

6.4 / 16 :  Deux approches
Le passage de la Septante au texte Massorétique montre deux approches différentes:

  • La Septante incarne la transmission du message dans une nouvelle culture (le grec), avec une certaine liberté d'adaptation
  • Le Texte Massorétique incarne la garde du texte, avec une rigueur extrême pour qu'aucune lettre ne soit altérée

Le Nouveau Testament: L'autorité apostolique

7.1 / 16 :  Contrairement à l'Ancien Testament, le Nouveau Testament a été rédigé directement en grec koinè (la langue commune/scientifique de l'époque) entre 50 et 130 après J.C. environ.

  • Le critère d'apostolicité: Pour qu'un livre soit reconnu comme canonique, l'Église primitive a posé un critère simple : il devait être écrit par un apôtre ou par quelqu'un directement lié à un apôtre (comme Marc avec Pierre, ou Luc avec Paul)
  • La diffusion: Dans les premiers siècles, chaque communauté locale avait ses propres collections de lettres et d'évangiles. Le processus a consisté à "isoler" les textes qui faisaient consensus partout (les quatre Évangiles, les épîtres de Paul) de ceux qui circulaient mais étaient jugés marginaux ou tardifs (apocryphes néotestamentaires)
    • Rejet d’évangiles faussement attribués à certains des Apôtres
  • La stabilisation: Dès le IIe siècle, des listes commencent à apparaître. Le canon de 27 livres, tel qu'on le connaît aujourd'hui, a été formellement validé par des conciles régionaux à la fin du IVe siècle (Hippone, Carthage), confirmant une pratique qui était déjà la norme dans la majorité des Églises

L’écriture inspirée

8.1 / 16 :  Apocryphe est donc un terme un peu fourre tout pour définir, classifier, un livre qui aura été rejeté pour diverses raisons, la raison principale devant être le fait de ne pas avoir été inspiré ou révélé par Dieu, car oui, Dieu inspire ceux qui écrivent en Son Nom. On peut donc se demander pourquoi un livre aura finalement pu être intégré dans le canon d’une communauté/église et rejeté/classé comme apocryphe par une autre, donc considéré comme non inspiré.

8.2 / 16 :  Une question qu’il conviendrait aussi de se poser serait de savoir si Dieu pourrait inspirer un auteur à écrire sous le nom d’un autre...

8.3 / 16 :  En 2 Timothée 3.16, Paul dit que « Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice »
 
Les mots :

Toute: pas
  • individuellement
  • chacun, chaque, n’importe quel, l’entier, tout le monde, toutes choses, chaque chose
  • collectivement
  • de tous types
Écriture: graphe
  • un écrit, une chose écrite
  • les Écritures, soit pour indiquer le livre lui-même, ou son contenu
  • une certaine portion ou section des Saintes Écritures
Inspirée: theopneustos
  • inspiré par Dieu
  • le contenu des écritures
Et: kai
  • et, aussi, même, en effet, mais

8.4 / 16 :  Doit-on considérer que tout ce qui, à l’époque de Paul, avait été écrit d’une manière générale, globale et universelle était inspirée de Dieu, ou, au contraire, qu’il ne parlait QUE de tout ce qui émane des Saintes Écritures, disant quelque chose de l’ordre « tout ce qui est dans La Bible est inspiré de Dieu et utile pour enseigner » (ce qui est une image car le canon n’existait pas encore)  ou « toute écriture sainte est inspirée de Dieu et utile pour enseigner »?
 
Je pense qu’il s’agirait plus de « Toute l'Écriture Sainte est inspirée de Dieu et est utile pour... », ce qui laisse place au discernement pour déterminer ce qui vient de Dieu, et on en revient au Canon qui s’est constitué dans le temps.
 
La particule « et » forme une liaison cumulative, ce qui indique bien « et est aussi utile pour... » dans le sens « est inspirée et est utile ». Écriture peut prendre tant le sens commun que l’Écriture Sainte.

8.5 / 16 :  Aujourd’hui, pourrait-on considérer que toutes les écritures sont inspirées par Dieu, y compris le Coran et la science fiction ?

8.6 / 16 :  Si l’on considère qu’il s’agit de « toute écriture inspirée par Dieu est utile pour instruire », si l’on trouve de l’utilité dans un écrit pour enseigner, cela fait-il de cette écriture une inspiration divine du fait qu’elle soit utile pour enseigner, ou peut-on tout de même trouver quelque chose d’utile dans une écriture qui n’aurait pas été inspirée ?
 
Dans ce sens, en Actes 17.28, Paul cite des poètes grecs, ce qui ne rend pas pour autant ces textes inspirés.

8.7 / 16 :  Une chose est certaine : tout ce que Dieu a inspiré est utile pour enseigner, convaincre, corriger et instruire dans la justice, et l’Écriture Sainte est inspirée par Dieu. Et on peut trouver de l’utilité dans un texte qui n'émane pas de Dieu s’il ressort une pensée qui ne va pas à Son encontre.

L’apocryphe

9.1 / 16 :  Utilité
Bien que des ouvrages catégorisés comme apocryphes ne devraient pas servir à établir une doctrine, certains peuvent contenir de l’information utile.
 
Des livres tels qu’Hénoch, le livre des Jubilés ou encore le Rouleau du Temple sont des textes qui ont été lus, étudiés et parfois même utilisés par les Anciens, mais ils n'ont pas pour autan été retenus dans la fixation finale du canon pour des raisons bien précises. Sans l’Esprit de Dieu, je pense que cela peut être difficile à comprendre.
 
Un apocryphe peut donc être utile pour avoir de l’information complémentaire sur un plan historique, voire mathématique et/ou cosmologique, tel que pour comprendre ce que pourrait être le calendrier selon certaines communautés juives de l’époque ancienne.

9.2 / 16 :  Éviter l’égarement
C’est avant tout pour éviter la confusion et se prévenir de l’hérésie que le canon biblique s’est constitué dans le temps et que les apocryphes en ont été écartés. Et il peut effectivement être difficile de faire comprendre que des détails ou certaines parties d’un livre apocryphe peuvent être utilisables en certains points sans leur donner autorité.

9.3 / 16 :  Cas d’usages
L’apocryphe peut être utilisé pour comprendre un contexte, pour avoir une précision historique, pour percevoir une pensée ou encore avoir de l’information technique. Et il y a une différence fondamentale entre l'usage d'un texte comme source historique ou technique et sa validation théologique en tant que parole révélée.
 
Certains permettent d’avoir des précisions que l’on ne retrouve pas ailleurs, d’autres portent un début d’empreinte de la mise par écrit de la loi orale, telle une tentative, comme c’est le cas avec le livre des Jubilés.

9.4 / 16 :  Cas particuliers
On peut retrouver dans un livre un apocryphe des vérités qui font partie d’une inspiration qui n’est pas donnée à l’auteur du livre, mais qui ont été transmises de générations en générations, telle que l’a été la loi orale, et que l’on peut retrouver dans d’autres livres, eux inspirés. C’est le cas du livre des Jubilés qui reprend une partie du début de la Torah.

9.5 / 16 :  Dans le temps, il y a eu des hommes qui ont été inspirés par Dieu, recevant même des révélations et qui n’ont pourtant rien écrit. Transmettant l’information oralement, certaines ont pu être utilisées par des auteurs, notamment d’apocryphes, les consignant comme émanant de leur propre relation avec Dieu ou de leur propre réflexion en lien avec Dieu. C’est une des raisons pour lesquelles on peut retrouver dans un apocryphe quelque chose d’authentiquement inspiré ou révélé, mais à un autre, pas à son auteur, l’ensemble du livre témoignant de lui-même.
 
De même, un auteur aura pu être inspiré dans sa vie sur certaines choses qu’il consignera dans un livre, sans pour autant que le livre en lui-même ne soit issu de l’inspiration Du Saint-Esprit.

9.6 / 16 :  Un livre apocryphe peut donc contenir des vérités oubliées dans le temps ou écrites dans le canon biblique.

La tension entre "usage" et "authenticité"

10.1 / 16 :  Il peut devenir difficile d’utiliser des informations présentes dans des textes non canoniques tout en rejetant leur autorité spirituelle. C'est ce qu'on appelle la lecture critique. Il est important de comprendre:

  1. La valeur documentaire: les livres des Jubilés et d’Hénoch sont des témoignages précieux de la pensée juive du Second Temple. Ils permettent de comprendre comment les hommes de cette époque percevaient le temps et la création
  2. La distinction de l'autorité: l'utilité technique (vouloir reproduire le calendrier solaire d'Hénoch) ou historique (se référer au livre des Macchabées pour connaître un contexte) d’un livre n'équivaut pas à la reconnaissance d'un texte comme "Écriture sainte" (inspirée par L’Esprit de Dieu)
  3. Le discernement: Le Saint-Esprit permet de comprendre et d’extraire d’un apocryphe ce qui est vrai ou utile dans la structure du monde (dates, nombres, fait historique, croyance...) sans pour autant élever le texte au rang de norme de foi

Utiliser un apocryphe ?

11.1 / 16 :  Avant même de vouloir se tourner vers un apocryphe, l’homme devrait avoir une culture infaillible de La Bible, j’entends par là La connaître de façon à ce que, dès la première lecture, il sache si ce qu’il découvre de ce texte nouveau pour lui y est conforme ou pas, et je ne parle de ne l’avoir lue que deux ou trois fois, mais plutôt depuis 4, à 5 ans quotidiennement, sans quoi il ne pourra que se perdre et surtout être en manque de ce qui ne vient que de Dieu, car oui, Dieu éveille le cœur de l’homme pendant qu’il lit La Bible. Bien entendu, le discernement de Dieu par Le Saint-Esprit permet de savoir, mais la connaissance de La Bible est primordiale et fondamentale. Le néophyte, lui, risquera de prendre tout pour argent comptant...

11.2 / 16 :  Vient le problème de l’authenticité:
Qu’est-ce qui permet de dire que telle ou telle partie d’un apocryphe pourrait être exploitable sans authentifier l’intégralité du livre ? Dans un premier temps, Le Saint-Esprit, c’est clair, et, dans un second temps, ce que dit La Bible, dans laquelle se trouvent consignées La Parole de Dieu et l’expression de Sa volonté, en rapport avec le contenu de l’apocryphe, ex :
 
Si un livre déclare une chose contraire à ce que dit La Bible d’une manière générale ou précise, l’homme ne devrait pas même avoir besoin du discernement de Dieu pour comprendre que cette chose n’est pas bonne et qu’un tel livre ne peut être inspiré par Dieu, même s’il contient des vérités (dans un livre inspiré par Dieu tout est bon, sinon il ne l’est pas, même s’il peut contenir des textes inspirés).

11.3 / 16 :  Peu importe la pensée de l’homme, La Bible, dans sa version originale que j’appellerai hébraïco-protestante, est authentique, vouloir y changer quelque chose pour attester un apocryphe serait de l’hérésie. Ainsi, si d’un apocryphe ressort de l’information complémentaire à La Bible sans qu’il n'y ait contradiction, c'est-à-dire sans venir modifier ce que La Bible enseigne, prescrit, proscrit, cette information peut être considérée comme bonne et exploitée, tant que cela n’ajoute pas et ne change pas le sens biblique initial (cela peut sembler réduire les champs d’action, mais, et sans vouloir l’offenser, je me fiche de savoir ce que peut dire l’homme à ce sujet: Dieu S’Est révélé à moi (ce qui vaut toutes les paroles et pensées des hommes) et m’a authentifié La Bible, originellement dans sa version Louis Segond, me pointant les points qui n’allaient pas, progressivement au fil de mon évolution avec Lui, (chose qui a toujours été difficile à expliquer, à faire comprendre à l’homme croyant, et même juste le lui signaler). Qu’il y ait eu dans le temps des erreurs de traductions de l’hébreu et/ou du grec vers le français (et autres langues) est un autre sujet, ce que je sais, c’est que le canon protestant est véritable, et je ne parle pas de doctrine mais bien de composition de La Bible. C’est ensuite à l’homme de cheminer...).
 
Et si la Louis Segond reste pour moi la meilleure traduction en termes de style, la Martin donne à certains moments des sens plus littéral, plus justes, en sachant que toutes les Bibles ont malheureusement leurs erreurs de traduction...

Le livre d’Hénoch

12 / 16 :  Le livre d’Hénoch est un livre particulier, notamment pour ses annonces sur Le Messie, son authenticité n’étant là pas le sujet. Que ce livre n’ait pas été écrit par Hénoch lui-même est un fait. Cependant, on peut le considérer comme un document dans lequel on peut retrouver des vérités techniques exploitables. A ce niveau, on peut donc le considérer comme source utile, que ce soit pour comprendre le calendrier attesté dans les Rouleaux de Qumran ou pour percevoir ce que pouvait être la pensée de certains juifs de l’époque.

Le Livre des Jubilés

13.1 / 16 :  J’ai trouvé dans ce livre un esprit judaïque, disant dès ma première lecture qu’il sentait le judaïsme - qu’il ne soit pas de Moïse est autre sujet -. J’y ai trouvé une forme de justification des erreurs des patriarches, tel qu’Abraham ou encore Jacob, car oui, même Abraham, homme de foi et ami de Dieu, a fauté, préférant à deux reprises laisser sa femme partir avec un autre (se faire enlever serait plus juste), par crainte de la mort et, plus tard, l’écoutant pour la rassurer là où il aurait dû lui dire que Dieu donne toujours ce qu’Il promet, qu’Il accomplit Ses promesses. Et c’est à travers tout ça qu’Abraham s’est affirmé l’homme de foi qu’il est devenu.

13.2 / 16 :  On trouve dans ce livre ce principe de comptage en jubilés, suites de 7, de 7 jours, de 7 semaines, de 7 années… ainsi qu’une partie de ce que l’on retrouve dans le début de la Torah (le Pentateuque) à laquelle s’ajoutent des prescriptions.

13.3 / 16 :  Sans vouloir lui faire un procès, il ne faut pas oublier que c’est un livre venu tardivement et qu’il n’est pas un des livres révélés par Dieu à Moïse, Moïse ne l’a pas écrit. - De tout temps, il aura toujours été simple, pour ceux qui l’ont fait, d’écrire un livre en s’inspirant de ce qui précède, reprenant ce qui s’est passé pour le dater d’avant et lui faire annoncer ce qui est arrivé, ce qui peut faire penser que la personne annonce et parle avec autorité de Dieu -.

13.4 / 16 :  Moïse a bien écrit la Torah, mais c’est un autre sujet.

Apocryphes et loi orale

14.1 / 16 :  La loi orale s’est construite dans le temps, c’est ce que se sont transmis les prêtres et les « sages » d’Israël au fil des générations, une interprétation de faits historiques, une compréhension et interprétation de la loi de Moïse, et bien souvent des traditions humaines. Et cela a commencé dès le mont Sinaï.

14.2 / 16 :  Avant même d’être compilées dans le Talmud, la mise par écrit de la loi orale et des traditions judaïques/rabbiniques aura déjà été tenté à plusieurs reprises dans certains apocryphes. Il n’est donc pas étonnant de voir dans certains de ces livres des choses qui peuvent être citées par les auteurs des textes du canon biblique : ce sont des citations de la pensée courante, et non l’attestation de ces livres.

Le calendrier d’Hénoch

15.1 / 16 :  Principe
Le livre d’Hénoch se réfère à un calendrier hébraïque qui, comme le calendrier Grégorien, se repose sur le soleil avec des mois de 30 et de 31 jours. Le livre des Jubilés y fait référence. Le roi David semble avoir mise en place ou tout au moins utilisé ce calendrier hébraïque.
 
La répartition de l’année en 12 mois de 30 jours, soit 360 jours, auxquels sont ajoutés 4 jours intercalaires, forme une année de 364 jours, proche de la durée du cycle annuel normal (durée astronomique ~ 365 jours 1/4).
 
Les 12 mois sont répartis en 4 saisons de 3 mois à la fin desquelles est ajouté un jour intercalaire, faisant 4 saisons de 91 jours (30 - 30 – (30 + 1)). Dans cette répartition, le 3ème mois de chaque saison se voit donc ajouter un 31ème jour.

Roch 'Hodech

15.2 / 16 :  les saisons
Selon le livre des Jubilés, le premier jour de chaque saison, un Roch 'Hodech (ראש חודש), « tête de mois » en français, est un mémorial de Noé, ce qui en fait un jour férié, un Shabbat. Ces jours peuvent aussi être assimilés à des tékoufot (une tékoufa, des tékoufot), un début de cycle. Dans le cas présent, Roch 'Hodech indique bien un début de cycle dans le sens la tête d’un groupe de mois, d’une tékoufa.

15.3 / 16 :  Evolution du terme
Roch 'Hodech a été repris à tort par les communautés juives pour définir les nouvelles lunes.
 
Dans l'hébreu ancien (utilisé dans les écrits de la période du Second Temple, tel que pour les manuscrits de Qumrân), le terme Roch 'Hodech a un sens beaucoup plus neutre et structurel que dans le judaïsme rabbinique ultérieur.

  • À l'origine (Roch = Tête / Début ; Hodech = Mois) : Cela désigne simplement le "premier jour du mois". Dans le calendrier d’Hénoch, ce jour est le début d'une nouvelle division de mois, d’une nouvelle saison.
  • L'interprétation ultérieure : Avec le temps, les autorités religieuses ont lié ce "premier jour" à l'observation de la nouvelle lune (molad). Le terme a alors été "capturé" pour désigner spécifiquement le rituel lunaire.

En traduisant Roch 'Hodech par "nouvelle lune", terme chargé de traditions lunaires, les hommes ont scellé une grille de lecture ultérieure sur un texte qui cherchait à décrire une structure solaire. L'expression hébraïque originale signifie seulement "tête du mois" ou "une tête de mois", même si dans le temps la tradition l’assimile à la lune. Dans ce calendrier de 364 jours, la "tête" est un repère mathématique, pas une observation lunaire."

15.4 / 16 :  Jour de l’an
Selon le livre d’Hénoch, le premier jour de l’année tombe toujours un mercredi, jour où Dieu créa les luminaires dans La Genèse. Le dernier jour de l’année, quant à lui, se trouve être à un moment où la durée du jour et de la nuit sont égales, ce qui correspond à ce que l’on appelle l’équiluxe et qui précède l’équinoxe. Ainsi, dans ce calendrier, le premier jour de l’année serait le prochain mercredi après l’équinoxe. Mais certains y voient aussi le premier mercredi après l’équiluxe, la différence entre les deux étant que :

  • l’équiluxe se détermine, (ou se calcule à partir de l’équinoxe), à des latitude et longitude précises (celles de Jérusalem par exemple), et reste observable à un endroit précis (plusieurs équiluxe sur la terre pour la même équinoxe)
  • l’équinoxe (instant où le Soleil traverse le plan équatorial terrestre) est le même instant pour tous sur toute la terre
  1. En considérant que le dernier jour de l’année est l’équiluxe (instant donné à un lieu précis où la réflexion du soleil permet de voir sa lumière avant qu’il ne soit visible, au lever, et après qu’il ne soit visible, après le coucher) et que c’est le seul paramètre à prendre en compte :
    • Le premier jour de l’année devrait être le prochain mercredi après l’équiluxe
      • Là, il faut s’accorder sur le lieu de référence pour le calcul de l’équiluxe, tel que Jérusalem, et considérer qu’à l’époque tous pouvaient se transmettre la date, partout où l’on suivait ce calendrier, ce qui n’aurait pas été possible pour s’accorder d’une manière universelle
  2. Si l’on considère que le dernier jour de l’année, l’équiluxe, annonce l’arrivée de la prochaine année et que tous n’avaient pas accès à l’information au même instant:
    • Le premier jour de l’année devrait être le prochain mercredi après l’équinoxe (instant prédictible où le soleil est perpendiculaire à la terre au niveau de l’équateur - observable avec un cadran ou un gnomon au fil des années – observation de la progression des ombres)
      • L’équiluxe diffère selon la position géographique
      • L’équinoxe est le même instant pour tous
  • L’un et l’autre sont défendables selon qu’on veuille
    • se référer à un instant observable à l’œil en termes de durées jour/nuit à un endroit précis sur la terre
      • il faut compter la durée jour/nuit quotidiennement
    • se référer à l’instant universel précis où la position du soleil au niveau de la terre sépare précisément les deux hémisphères de façon égale
      • il suffit d’observer l’ombre sur le gnomon
  • L’un est la position de la terre par rapport au soleil (équinoxe, déterminable), l’autre est la durée du jour et de la nuit selon la réfraction du soleil (équiluxe, observable), ce qui n’indique pas la durée de visibilité du soleil mais de sa lumière perceptible
  • Aujourd'hui, avec la détermination de l’équinoxe, il est simple de calculer à l’avance quelle sera la date de l’équiluxe

15.5 / 16 :  Particularités
A la différence du grégorien, ce calendrier permet de conserver la position des jours de fêtes et autres événements aux mêmes dates bibliques :

  • le 14 du 1er mois (repas de la cène) sera toujours un mardi
  • le 15 du 3ème mois (la Pentecôte) sera toujours un dimanche

15.6 / 16 :  Utilités
Ce calendrier permet d’avoir un rapport entre dates bibliques et dates grégoriennes sans avoir à faire une gymnastique mentale pour faire coïncider les mois lunaires avec les mois solaires. Le modèle mathématique qu’il présente, proche de celui du calendrier Grégorien, permet une transition vers le calendrier hébraïque et d’en avoir une représentation sereine. Le modèle astronomique, quant à lui, reste cohérent avec le mode de pensée occidentale d’aujourd'hui, un argument de base pour ceux qui voudront réfuter la possibilité d’un calendrier solaire ou luni-solaire.

15.7 / 16 :  Il est clair que Dieu a établie des personnes à divers postes, avec des responsabilités précises, et établir la date du jour de l’an à travers les observations pourrait en faire partie, si l’on s’en tient aux calendriers rabbiniques. Cependant, l’ajout d’un 13ème mois n’est pas quelque chose qui sonne juste en soi. Le calendrier d’Hénoch, ou des Jubliés appelé aussi calendrier de Qumran ou encore calendrier Essenien, permet, lui, d’avoir un calendrier qui se règle automatiquement si on considère comme perdus les jours qui se situent entre le dernier jour de l’année écoulée et le premier jour de la nouvelle année. Ces jours ne sont pas systématiques, car lorsque le dernier jour de l’année tombe au jour de l’équinoxe, ou au jour de l’équiluxe selon la référence choisie, le 1er jour est juste après, il n’y a pas d’attente, pas de jour(s) de battement entre deux années. La chose importante dans un tel calendrier est de décider si on choisit la date d’équiluxe ou la date d’équinoxe comme référence.

Le livre d’Hénoch dans le Nouveau Testament

16.1 / 16 :  Jude cite Hénoch
 
Jude, en 1.14-15, écrit : “Voici, le Seigneur est venu avec ses saintes myriades…”. Au premier abord, on a une citation quasi textuelle.
 
La conclusion immédiate est que

  • Le livre d’Hénoch (ou son contenu) était connu
  • Le livre d’Hénoch était utilisé à l’époque du NT

16.2 / 16 :  Mais Est-ce que cela veut dire que le livre est inspiré ? Non, pas vraiment et Paul qui cite les poètes grecs en Actes 17.28 est un bon exemple de citation d’un livre non inspiré.
 
Ainsi, une citation n’est que la reconnaissance d’un contenu, pas la validation totale du livre.

16.3 / 16 :  À l’époque Du Christ, il existait beaucoup d’écrits religieux, mais pas encore un canon figé comme aujourd’hui. De même, aujourd'hui un enseignant pourrait faire référence à un autre auteur qu’à l’un de ceux de La Bible pour appuyer son enseignement, tant que cela ne va pas à l’encontre de l’enseignement biblique.

16.4 / 16 :  Hénoch faisait partie des textes diffusés que l’on a retrouvés à Qumrân. Ce livre avait une autorité culturelle réelle.
 
C’est un exemple de traditions orales → mises par écrit → reprises dans le NT.

16.5 / 16 :  A l’époque Du Christ il y avait une culture orale dominante:

  • transmission par mémorisation
  • enseignement rabbinique oral

16.6 / 16 :  Parmi les traditions qui circulaient, certaines existaient:

  • avant leur mise par écrit
  • en parallèle de plusieurs versions

16.7 / 16 :  Le livre d’Hénoch est de l’ordre de la fixation par écrit d’une tradition connue et transmise dans le temps dans certains cercles.
 
Des thèmes proches de ceux retrouvés dans le livre d’Hénoch sont cités dans le Nouveau Testament, tel que les anges déchus (deuxième épître de Pierre 2.4, Jude 1.6), le fils de l’homme ou encore le jugement final. Bien que ces images d’Hénoch ressemblent au langage apocalyptique du Nouveau Testament, ce sont des thèmes communs, pas forcément des citations directes.

16.8 / 16 :  On peut affirmer avec certitude que

  • le livre d’Hénoch était connu et utilisé
  • Jude cite une tradition identique à Hénoch
  • des thèmes circulaient largement

16.9 / 16 :  On ne peut pas affirmer que

  • le livre d’Hénoch est inspiré
  • les apôtres valident le livre entier
  • tout vient uniquement du livre d’Hénoch

16.10 / 16 :  Le NT montre que les auteurs puisent dans un réservoir de traditions connues incluant écritures, traditions orales et écrits circulants. Certaines traditions présentes dans le livre d’Hénoch en font partie. Que les Apôtres en reprennent certaines n'indique pas valider l’ensemble du livre.

Pour conclure

16.11 / 16 :  La lecture des apocryphes est quelque chose qui demande au lecteur d’être affermi dans la connaissance biblique avant de vouloir s’y pencher. Y aller pour puiser de l’enseignement sans être un connaissant de La Bible (pour ne pas dire un érudit) pourrait être source d’erreurs, tout comme ce serait une erreur que de vouloir étayer ou construire une doctrine à partir d'apocryphe(s).

N'ajoute rien à ses paroles, de peur qu'Il ne te reprenne et que tu ne sois trouvé menteur - Proverbes 30.6